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Les conséquences de l'agression sexuelle pour l'enfant victime

L’agression sexuelle durant l’enfance est un événement traumatisant qui peut entraîner de nombreuses conséquences chez les victimes à court, moyen et à long terme. Au cours des 30 dernières années, plusieurs recherches se sont penchées sur les conséquences de l’agression sexuelle sur les enfants. Les données indiquent que les enfants victimes d’agression sexuelle souffrent de troubles intériorisés, tels que des symptômes d’anxiété et de dépression, troubles somatiques, comportements d’isolement social et de trouble extériorisé, sentiments de colère, agressivité, trouble de conduite lorsque comparativement à des enfants n’ayant pas subi d’agression sexuelle (Berliner, 2011 ; Hébert, Tremblay, Parent, Daignault, & Piché, 2006 ; Paolucci, Genuis, &Violato, 2001). De plus, on estime que 30 % des enfants qui ne présentent pas de conséquences au moment du dévoilement ont développé des difficultés par la suite (St-Pierre & Viau, 2010)


La gravité et la sévérité des symptômes retrouvés chez les enfants sont liées à de nombreux facteurs. Parmi ces facteurs, on note les caractéristiques de l’agression sexuelle : la sévérité des gestes posés, l’identité de l’agresseur et son lien avec l’enfant, la fréquence des agressions, etc. Les facteurs sont aussi liés à l’individu : l’âge et le sexe de l’enfant, le niveau d’intelligence, l’utilisation de stratégies d’adaptation efficaces, la recherche de soutien, le sens donné à l’événement ainsi que l’expression des émotions (Hébert, 2011). Ainsi, un enfant qui présentait déjà des symptômes anxieux avant l’agression sexuelle est plus à risque de développer des symptômes de détresse psychologique qu’un enfant qui n’avait pas de symptômes anxieux auparavant (Berliner, 2011).


Les facteurs de protection comprennent aussi une dimension familiale qui fait référence au rôle du soutien parental et celui fourni par les proches de la jeune victime. Des études démontrent que « l’adaptation de l’enfant semble directement associée au soutien qui lui est offert et qu’il perçoit (Yancey, & Hansen, 2010). La réaction de l’entourage de l’enfant semble être un bon prédicateur de son adaptation. Les jeunes qui se sentent soutenus par une figure parentale non agresseure continuent de bien fonctionner dans les domaines sociaux, interpersonnels et académiques, ont moins de troubles extériorisés, ont une meilleure estime de soi et souffrent moins de dépression que les enfants qui n’ont pas reçu ce même soutien (Hébert, 2011). Le soutien parental est souvent défini comme le niveau d’acceptation, de sollicitude et d’aide apporté à l’enfant par les personnes qui s’occupent principalement de lui. Les facteurs familiaux tels que la réponse et le soutien des figures parentales semblent influencer la sévérité des symptômes et les facteurs extrafamiliaux (soutien social, etc.) (Hébert, 2011).


Ce ne sont pas tous les enfants qui auront des conséquences suite à l’agression sexuelle, le développement de difficultés psychologiques repose sur les facteurs mentionnés plus haut. Toutefois, l’absence de symptômes perceptibles ne signifie pas nécessairement que l’enfant ne souffre pas intérieurement (Saint-Pierre & Viau, 2010).


Référence : Par Martine Lanthier Mémoire déposé L’École de service social

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